LE RÉSEAU IN-TERRE-ACTIF

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Paix et guerre : Textes de jeunes

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Une simple mine

Au moment où l’on se parle, je suis assis autour d’une table à manger remplie de gens, amis, famille, etc. Par contre, ce qui est plutôt dommage, c’est qu’il y a seulement des adultes. La musique de " grand-mère " me hante l’esprit. Alors, pour faire bonne figure, je défais la table.

Par la suite, je vais immédiatement m’installer à la télévision. Je l’ouvre et je change les postes. Je les change jusqu’au moment où j’arrive à un certain poste. Un poste qui me semble inconnu, mais plutôt intéressant.

Je commence à écouter et de plus en plus m’intéresser. L’émission s’appelle " Majeur en furie "! Cette émission parle des problèmes majeurs. Alors, le commentateur annonce sa nouvelle invitée. Elle s’appelle " Agara ", une Africaine. Dès le début de l’émission, le commentateur fait son petit slogan : " Tout ce qui a un début, a une fin, alors appelez dès maintenant au 1 800 756-3757 " et il ajouta : " Agara, la parole est à vous ".

Alors, je commence à l’écouter. Autour de moi, je remarque quelques personnes qui sont venues s’installer. Nous sommes environ une dizaine. Ma grand-mère se lève et va dans la cuisine voir les autres invités. Elle leur dit donc de venir voir l’émission à la télévision. Alors, tout le reste des invités entre dans le salon y compris mes parents. Ils arrivent juste attend. Ensuite le commentateur reprend et dit à Agara de tout raconter.

Alors, Agara commence à dire : " Je ne sais pas par quoi commencer. L’Afrique est un continent gravement affecté par les mines antipersonnel. Au total, 22 pays de l’Afrique subsaharienne sont obligés d’endurer ces petites mines antipersonnel. Là-bas, les mines font perdre beaucoup de vie à des milliers de gens ".

Le commentateur explique qu’un caméraman a filmé au milieu du Mozambique (un pays très affecté par les mines antipersonnel) plusieurs gens qui ont péri à cause de ces mines. Alors, la vidéo passe à l’écran. Tous les invités ont le regard vers la télévision. Je suis troublé. Nous voyons des gens mourir devant la caméra. Je me retiens pour ne pas pleurer. Ma mère a les larmes aux yeux. À l’instant, la vidéo s’arrête.

Agara continue en disant : " les mines antipersonnel resteront toujours un problème majeur jusqu’à la fin. L’Angola et le Mozambique sont gravement affectés par les mines. Je le sais, car j’ai vécu en Angola ".

J’étais une petite fille, une belle petite fille! J’avais sept ans et demi. Je m’en rappelle comme si c’était hier. J’étais assise sur une roche et cela faisait deux semaines que je n’avais pas vu mes parents. Ce sont mes voisins qui m’ont gardée. J’attendais sur une roche, car je savais que c’était aujourd’hui que mes parents revenaient de leur excursion. Je regardais de tous les côtés. Enfin!!! J’apercevais un groupe de gens. Ils s’approchaient de plus en plus. Je les voyais, mes parents! J’étais tellement heureuse. Au moment où ils m’ont vue seule, sur une roche, ils ont su que je les attendais. Donc, ils ont couru dans ma direction. J’avais tellement hâte de les serrer dans mes bras. "

Elle continue en disant : " Mais les secondes passent tellement vite ". Ma mère pleure. J’ai les larmes aux yeux. Agara continue en disant : " Je les voyais, plein de joies! Mais… une grosse explosion avait interrompu ce beau moment. On appelle ça, une mine antipersonnel " répliqua Agara! Elle poursuit : " Juste avant que l’explosion surgisse (je parle la seconde avant), j’ai regardé ma mère dans ces yeux bleu clair. Des yeux uniques brillants au soleil, s’envoler dans les airs! Ils sont morts devant mes yeux! DEVANT MOI!!! " cria-t-elle en même temps qu’elle pleurait.

Bouche bée, le commentateur verse, une petite larme sur sa joue. Sur le coup, je ferme la télévision et je verse une larme à mon tour.

Mes grands-parents sont partis les larmes aux yeux sans dire un mot ni un petit merci! Tout le monde est figé. C’est le calme total. Je monte dans ma chambre et je ferme la porte. Je pleure comme un gros bébé. Dans ma tête, je m’imagine assis sur une roche et voir mes parents périr dans un tel problème! Je ferme ma lumière, je me couche et voilà comment ma soirée finit.

Jonathan Lapointe

École Gabrielle-Roy, Châteauguay (Québec)


Mon père

J’ai huit ans et mon père est dans l’armée
Une guerre a été déclarée et il doit y aller
Sans hésiter

Des semaines ont passé et les mois sont
Bientôt écoulés

L’avion est finalement arrivé
Des gens sont descendus
Mais aucune de ces personnes ne l’avait vu
Puis les cercueils furent débarqués

C’est à ce moment que j’ai remarqué
Que sur un de ces derniers
Le nom de mon père était gravé

Des larmes se sont mises à couler
Dans ma tête je ne pouvais réaliser
Qu’il y a quelques mois
Il était encore près de moi

J’ai maintenant quatorze ans et si la guerre
N’avait jamais existé
Mon père serait encore à mes côtés

Par Sabrina M. et Geneviève R.-M., Collège Marie-de-l’Incarnation, Trois-Rivières, Québec