LE RÉSEAU IN-TERRE-ACTIF

Un outil d'éducation et d'engagement pour de jeunes citoyens solidaires

Article : Connais-tu bien tes voisins... les Attikamekw ?

primaire 2e cycle 3e cycle   secondaire 1e cycle 2e cycle

On compte plusieurs communautés autochtones dans la province de Québec, la plupart d’entre elles sont méconnues. La communauté attikamek est l’une d’entre elles. Avec une population composée à 60 % de moins de 25 ans, elle doit faire face à plusieurs problèmes comme la violence, l’alcool et la drogue. Ce texte nous fait voir la volonté des Attikameks d’améliorer leur sort.

 

La connaissance de l'autre n'est pas en soi une chose facile. René Bouderait, consultant aux affaires amérindiennes, n'a pas tort. La communauté Attikamekw (en français : Attikameck), où les moins de 25 ans forment 60 % de la population, est plus connue dans la région pour ses problèmes que pour les efforts qu'elle met à les résoudre et la richesse de sa culture. Celle-ci est différente de la nôtre, mais laissons nos préjugés de côté et allons à leur rencontre pour mieux les connaître.

 


S'il y a une chose que les jeunes autochtones et québécois ont en commun, c'est sûrement la grande importance qu'ils accordent à leur langue comme base d'une culture. Les trois premières années d'études au primaire se font en langue attikamekw. Par la suite, ils reprennent leur troisième année en français en réapprenant tout ce qu'ils ont vu au cours des années précédentes et ils poursuivent leur scolarité sur la réserve jusqu'en cinquième secondaire. Par contre, les étudiants Attikamekws n'ont pas la même motivation que nous face aux études. La discipline en classe n'est pas la même non plus.

Certaines écoles n'offrent pas les cours de 4e et 5e secondaire. Les jeunes Attikamekws vont alors à la polyvalente avec les Blancs. Ceux qui se rendent ainsi en ville sont souvent placés en classe spéciale à cause des problèmes qu'ils ont à s'adapter à notre programme. Parfois, cette nouvelle adaptation entraîne aussi des problèmes de comportement. Mais heureusement, pour motiver ces jeunes à continuer leur cheminement scolaire, des agents de liaison les supportent et organisent des activités parascolaires. De plus, dans les réserves d'Opitciwan (Obedjiwan) et Wemotaci (Weymontachie), les jeunes participent à des camps. C'est pour eux, une nouvelle façon d'apprendre en observant, en expérimentant et en augmentant leur confiance en eux. Ils font aussi des échanges avec des écoles du Québec et de France.

 

 
Source: www.nfb.ca

Il est évident que les jeunes autochtones sont confrontés à des problèmes sur leur réserve, mais ils tentent de toute leur force et de tout leur coeur de se prendre en main. Par exemple, à Manawan (Manouane), les femmes se sont données un gros défi : faire cesser les abus sexuels dans la communauté. Elles ont commencé par sensibiliser tout le monde dans la réserve. Elles ont fait lever ce tabou en organisant des ateliers de réflexion et d'information. Il y a eu aussi un concours d'affiches pour les jeunes. Le tout a été un succès!


En réglant ce problème, les gens de la réserve peuvent aussi rayer de leur liste une des causes du suicide. Celui-ci, 2,5 fois plus élevé chez les jeunes autochtones, serait principalement relié à trois difficultés importantes : la violence, l'alcool et la drogue. Pour faire face à ces deux derniers, les Attikamekws se sont dotés d'un centre de réhabilitation propre à leur culture. Plusieurs vont en thérapie pour se libérer de leur dépendance. Ils font aussi une émission de radio où l'on entend des témoignages de gens qui ont vaincu leurs problèmes. Les auditeurs appellent pour faire des commentaires ou demander de l' aide. Ainsi les gens des réserves ont trouvé plusieurs façons de se prendre en main. En s'informant sur les Attikamekws, nous découvrons vite que nous ne les connaissons pas aussi bien qu'on le pense. S'ils ne viennent pas spontanément vers nous, pourquoi ne pas briser la glace nous-mêmes, on serait surpris par leur accueil !

L'alphabet ATTIKAMEKW :

L'alphabet ATIKAMEKW comprend 15 lettres: P T K S C TC M N R W H A E I O

Elles se prononcent comme les lettres en français, sauf quelques-unes : p = pè, te = tchè , c = ch, t = tP

L'ordre alphabétique n'est pas le même qu'en français. Les quatre voyelles sont groupées à la fin. Vous constaterez que les lettres k et w sont très souvent utilisées. Si on faisait un jeu de Scrabble en ATTIKAMEKW, il faudrait changer la valeur des points pour ces lettres!

Tiré de Nitaskinan, notre territoire, Graphicor, Québec, 1994, p.14.

LEXIQUE
Les mots en majuscules respectent l'orthographe de la langue autochtone.

ATTIKAMEKW SIPI : Nom désignant la rivière Saint-Maurice, en langue ATIKAMEKW.
KISKINOHAMATOKAMOK : L'école, le lieu où l'on apprend.
KWEI, TAN E ICI MATISHN? : Bonjour, comment ça va?
KWEI : Bonjour.

Les six saisons ATTIKAMEKW :

SIKON : le pré-printemps
MIROSKAMIN : le printemps
NIPIN : l'été
TAKWAKIN : l'automne
PITCI PIPON : le pré-hiver
PIPON : l'hiver

Tiré de Nitaskinan, notre territoire, Graphicor, Québec, 1994, p. 14.

PENSÉES

"Toi, tu es comme ça; moi autrement. Tu ne veux rien savoir de moi. On a de la misère à marcher ensemble. Mais si on essayait, encore une fois... Pourquoi? Pourquoi pas?"
- Tshekuanu Mak, Kashtin

"Ensemble si tu veux, on peut redécouvrir la terre, marcher les quatre directions et tracer un cercle autour de nos différences."
-  Mère Nashue, Kashtin

"Si la terre n'est plus ma mère, je ne sais plus d'où je viens."
-  Akua Tuta, Kashtin

Page actualisée en 2010