LE RÉSEAU IN-TERRE-ACTIF

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Article : L'exploitation et le travail des enfants

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"Jeune fille de 14 ans mature et responsable garderait vos enfants..." 


Toi, jeune du Québec, tu as le droit de travailler et ton travail est régi par des lois bien précises que les employeurs sont tenus de respecter. 

Et ailleurs dans le monde? 

Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), dans le monde, environ 250 millions d'enfants travaillent. Certains ont à peine cinq ans et, bien souvent, il n'existe aucune loi pour les protéger des abus et de l'exploitation des employeurs. Si le travail des enfants existe surtout dans les pays du tiers-monde, on le retrouve aussi dans les pays industrialisés sous une forme plus subtile. 


Dans quels secteurs ces enfants travaillent-ils?

Le travail des enfants touche presque tous les secteurs d'activités : agriculture, artisanat, petits métiers des villes (vendeur à la criée, domestique, cireur de chaussures, etc.), mines, usines.

Sont-ils rémunérés?

Oui et non. Souvent, ils ne reçoivent pas de salaire. Et, même s'ils sont payés, leur salaire est tellement bas qu'il est presque insignifiant.

Dans quelles conditions travaillent-ils?

Les conditions de travail sont souvent dangereuses (charges trop lourdes, contacts avec des produits chimiques), difficiles (horaires de travail trop longs, absences de pauses). De plus, nombreux sont ceux qui sont maltraités par leurs employeurs et qui travaillent dans des conditions proches de l'esclavage.

Pourquoi travaillent-ils?

Pour aider leurs familles à joindre "les deux bouts", à rembourser une dette car le travail d'un enfant dépend des conditions économiques de sa famille : plus les familles sont pauvres, plus les enfants sont obligés de travailler. Pour survivre lorsqu'ils sont seuls, en effet, nombreux sont les enfants-travailleurs qui vivent dans les rues des grandes villes.

Des enfants domestiques : le cas d'Haïti

La vie commence très tôt le matin en Haïti. À peine les coqs ont-ils chanté, que les familles s'affairent aux nombreuses tâches de la journée. Tous les enfants ne prennent malheureusement pas le chemin de l'école. C'est le cas d'Armelle, par exemple. Elle est née à la campagne dans une famille très pauvre. À l'âge de quatre ans, ses parents l'ont envoyée dans une famille de Port-au-Prince où elle est devenue ce qu'on appelle en créole une Restavek. Elle a maintenant 13 ans, elle ne fréquente pas l'école, ne touche aucun salaire pour les lourdes tâches domestiques qu'elle accomplit et subit toutes sortes de violences.

Il y a plus de 200 000 enfants haïtiens dans cette situation; les trois quart sont des filles et 10 % d'entre eux ont entre 7 à 10 ans.

Un phénomène ancien
Le phénomène des Restaveks remonte à la colonisation. Les inégalités sociales et la pauvreté ont amené les familles les plus démunies à offrir leurs enfants à des familles censées être plus aisées. Les parents espéraient une vie meilleure pour leurs enfants.

Aux yeux des familles d'accueil, les Restaveks sont des moins que rien. Ils sont battus et exclus de la vie familiale. Ils ne peuvent, par exemple, regarder la télévision que par la fenêtre ou blottis dans un coin quand ce plaisir leur est accordé. Ils ne mangent pas la même nourriture que les autres personnes de la maison.

Témoignage
" Je vis avec ma tante (patronne) et ses deux enfants. Avant, j'habitais dans une maison où on était très pauvre, on ne mangeait que des mangues et des cannes à sucre. Mon papa est mort, je ne me souviens plus de lui et moi je suis malade. Ma maman m'a amenée dans la famille de ma tante pour que je travaille.

" M'fé tou trvay " (je fais toutes sortes de travaux). Je me lève à 5 heures du matin puis je fais le tour de la maison pour ramasser les urines de la nuit, car les WC sont à l'extérieur de la maison, ensuite quand les enfants vont à l'école, je balaie, je passe la serpillière. Ensuite je vais chercher de l'eau, je vais au marché et je prépare les repas. Je travaille toute seule et je n'ai jamais d'argent, ce sont les enfants qui me donnent leurs habits, je mange une fois par jour. J'aimerais être plus grande pour que les enfants arrêtent de me battre.
Marceline, 7 ans, Restavek
Source : Même langue même droits. Réseau des droits de la personne au plan international

Un organisme se mobilise
Le foyer "Maurice Sixto" pour enfants domestiques est l'un des rares programmes en Haïti qui s'attaque aux risques multiples menaçant le développement des enfants en domesticité. Il offre ses services à plus de 300 enfants dans l'aire métropolitaine. Les responsables du foyer obtiennent l'accord de l'employeur pour que ces enfants voient aussi souvent que possible leurs familles naturelles. L'après-midi, ces mineurs suivent des cours avec d'autres enfants. "Le Passage", comme son nom l'indique, accueille les enfants domestiques victimes d'abus. De concert avec l'Institut du Bien-Être Social et de Recherches, il intervient constamment sur le terrain en vue de ramener ces enfants dans leurs familles d'origine.

Consulat d'Haïti à Montréal

Un peu d'espoir
La situation des Restaveks est un exemple du manque d'attention portée aux droits sociaux en Haïti. L'injustice vécue par ces centaines de milliers d'enfants n'inquiète pas le gouvernement. Il y a pourtant des articles dans le Code du travail haïtien qui stipulent qu'aucun enfant de moins de 12 ans ne peut être confié à une famille pour être employé domestique. Un autre article dit que toute personne, avant de prendre un enfant à son service, devra obtenir un permis délivré par le Bureau des Affaires sociales et devra lui fournir entre autres un logement décent, des vêtements convenables et une nourriture suffisante.

Si les Restaveks pouvaient fréquenter l'école, ils auraient déjà fait un pas sur le chemin de la dignité. La Convention relative aux droits de l'enfant, est claire : l'éducation est à la base d'une vie libre et épanouie. Elle est au cœur des droits de tous les enfants et un devoir pour tous les États.

Page actualisée en 2010