LE RÉSEAU IN-TERRE-ACTIF

Un outil d'éducation et d'engagement pour de jeunes citoyens solidaires

Dossier : Le VIH-SIDA

primaire    secondaire 1e cycle 2e cycle
  1. Questions et réponses sur le SIDA
  2. Le SIDA dans le monde
  3. Le VIH/SIDA et les enfants
  4. Des médicaments pour les uns, la mort pour les autres
  5. ZLÉA et accès aux médicaments
  6. Le VIH/SIDA et son impact sur les pays en voie de développement
  7. Pourquoi l'accès aux médicaments anti-VIH/sida est si difficile dans les pays en développement?
  8. Comment réduire le coût des médicaments dans les pays en développement ?
  9. Pretoria, une victoire pour l'accès aux médicaments
  10. Actions pour lutter contre le SIDA

Questions et réponses sur le SIDA 

Depuis quand connaît-on le VIH?

Le sida ou syndrome d'immunodéficience acquise fut reconnu en 1981 chez de jeunes homosexuels américains.

Ce syndrome a vite été identifié comme étant d'origine virale et transmissible par voie sexuelle et sanguine, il provoque une baisse des défenses immunitaires en étant responsable de la destruction d'un type de cellule immunitaire; les lymphocytes CD4.

A la suite de toutes ces observations, l'agent responsable du SIDA fut recherché parmi les cellules du système immunitaire. En 1983, un rétrovirus, encore inconnu, fut identifié dans un échantillon de cellules ganglionnaires d'un patient.

Ce virus fut dénommé Virus de l'Immunodéficence Humaine : VIH

On rencontre couramment l'appellation américaine HIV pour Human Immunodeficiency Virus.

Comment peut-on contracter une infection à VIH-SIDA?

Le virus se transmet d’une personne infectée à une autre lorsqu’il y a contact avec des liquides organiques comme le sang, le sperme ou les sécrétions vaginales. Le virus peut se transmettre pendant les relations sexuelles ou quand plusieurs personnes utilisent la même seringue. Une femme enceinte peut infecter son bébé lors de l’accouchement ou pendant l’allaitement. Les femmes enceintes devraient passer un test de dépistage du VIH.

Le VIH ne se transmet pas par des contacts sociaux ordinaires. Il n’y a aucun danger à toucher ou à serrer dans ses bras une personne infectée, ni à lui serrer la main. Les insectes et les animaux de maison ne peuvent pas non plus transmettre le VIH.

Certaines personnes ont peur d’être infectées par le VIH en donnant du sang, mais c’est impossible. On utilise pour chaque donneur une aiguille neuve et stérile. Le sang recueilli auprès des donneurs est toujours vérifié pour voir s’il est infecté par le VIH. Il y a donc très peu de risques d’être contaminé par une transfusion de sang.

Comment savoir si on est séropositif?

Il suffit d’un test de sang pour savoir si vous êtes infecté par le VIH. Ce test s’appelle test de détection des anticorps du VIH. Si les résultats du test sont positifs, cela signifie que vous avez été infecté par le VIH et que vous pouvez contaminer d’autres personnes.

Si les résultats sont négatifs, cela signifie qu’on n’a trouvé aucun anticorps du VIH dans votre sang au moment du test. Dans la plupart des cas, les résultats sont positifs trois mois après la contamination, mais il faut parfois jusqu’à six mois pour que l’organisme développe des anticorps anti-VIH. Vous devrez donc passer le test de nouveau pour avoir la certitude de ne pas être infecté.

Le sida est le dernier stade de l’infection par le VIH. Les personnes atteintes du sida sont sujettes à diverses infections, dont certains types de pneumonie rares, et elles peuvent développer le cancer de la peau ou d’autres cancers.

Moyens de prévenir les risques d’infection à VIH

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  • Vous pouvez éviter de contracter une infection à VIH soit en vous abstenant de toute activité sexuelle, soit en veillant à toujours prendre les précautions nécessaires pour vous protéger.
  • Discutez avec votre partenaire des précautions à prendre pour prévenir le VIH et ayez des relations sexuelles uniquement avec un partenaire qui accepte d’utiliser un condom en latex pour vous protéger tous les deux.
  • Évitez d’utiliser les instruments servant à percer la peau à moins d’avoir la certitude qu’ils ont été stérilisés.
  • Ne prêtez et n’empruntez pas des articles personnels comme un rasoir ou une brosse à dents.

Si vous pensez avoir été infecté

Si vous avez pris des risques et avez peur d’avoir contracté l’infection à VIH, consultez votre médecin sans tarder ou adressez-vous à une clinique de prévention des MTS ou de dépistage du VIH. On prendra du sang pour le test de détection du VIH, et tous les renseignements à votre sujet resteront confidentiels.

Si vous avez été exposé au VIH, vous devez en informer vos partenaires sexuels et toute personne avec qui vous auriez partagé des seringues ou des aiguilles. Ces personnes devront ensuite décider si elles souhaitent passer le test de détection de l’infection à VIH.

Vous voudrez peut-être le leur dire vous-même, mais si vous vous sentez mal à l’aise, parlez-en à votre médecin ou à une infirmière. Ils pourront vous aider.

Pour plus d'information, visiter le site de Santé Canada et celui du Réseau canadien d’info-traitements sida.


Le SIDA dans le monde

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La pandémie de VIH/sida continue de croître à une vitesse alarmante. Chaque jour, 15 000 personnes contractent le VIH. Aujourd’hui, en 2005, plus de 40 millions de personnes vivent avec le virus. Au cours de l’an née, on a enregistré 4,9 millions de nouveaux cas de VIH et 3,1 millions de décès dus au VIH/sida. Toutes les régions du monde sont touchées, mais l’Afrique est la plus durement frappée.

La pandémie se propage rapidement parmi les enfants de moins de 15 ans, qui représentent environ 4% des personnes vivant avec le VIH/sida. En 2004, 510 000 enfants de moins de 15 ans sont décédés du Sida.

Plus de 95% de toutes les personnes séropositives au VIH vivent dans des pays en développement, où la maladie affecte surtout de jeunes adultes pendant leurs années de plus grand potentiel de productivité et de fertilité. L'impact du sida sur les gens de ces pays et sur le processus de développement est dévastateur.

Jusqu’à maintenant, 15 millions d’enfants de moins de 15 ans ont vu leur mère ou leurs deux parents mourir du sida.

Afrique

Quelque 29,3 millions d'adultes et d'enfants sont maintenant atteints du VIH/sida, en Afrique, principalement dans la région subsaharienne. Cette partie du continent contient à elle seule les deux tiers des personnes séropositives du monde entier. Plus de la moitié des personnes séropositives est composée de femmes. Déjà plus de 18 millions de personnes sont décédées de causes liées au sida, en Afrique subsaharienne. Dans certains pays, le taux d’infection à VIH dépasse 20%, parmi la population adulte.

Asie et Pacifique

Puisque la population de cette région est parmi les plus nombreuses au monde, elle présente un potentiel effarant pour l’épidémie. À l'heure actuelle, 8,3 millions de gens de cette région du monde sont séropositifs. L’épidémie est accrue principalement par l’injection de drogue, mais le VIH s’étend rapidement vers la population générale.

Amérique latine

En Amérique latine, 1,8 millions de personnes vivent avec le VIH/sida. Le VIH continue de se propager par la voie de rapports sexuels entre hommes, de rapports sexuels entre hommes et femmes, et de l’injection de drogue.

Caraïbes

Dans les Caraïbes, où l’on trouve les taux d’infection les plus élevés hors de l’Afrique, quelque 30 000 nouveaux cas de VIH ont été signalés pour venir augmenter le nombre de personnes infectées à 300 000. La majeure partie de ces cas est attribuée à la transmission hétérosexuelle.

Pays industrialisés d’Amérique du Nord et d’Europe, Australie et Nouvelle-Zélande

Le nombre de personnes séropositives dans l'ensemble de ces pays est d'environ 1,64 millions. Bien que de nouvelles combinaisons de médicaments anti-VIH permettent de réduire considérablement le nombre de décès dus au sida, le nombre de personnes séropositives s'accroît. Plusieurs de ces personnes vivent plus longtemps et les taux de nouvelles infections demeurent stables, depuis une dizaine d'années. Deux développements intéressants entraînent cependant des conséquences inquiétants : (1) la diminution du nombre de décès attribuables au sida commence à ralentir; et (2) des données montrent que l'avènement des multithérapies anti-VIH entraîne une relâchement dans les attitudes face aux dangers du VIH et que cette complaisance conduit à des comportements à risque.

Europe de l’Est et Asie Centrale

En Europe de l’Est, où l’épidémie s’est manifestée tardivement, le taux d'infection au VIH à augmenté de 20 fois en moins de 10 ans. Dans la Fédération de Russie, ce sont les jeunes entre 15 et e29 ans qui sont le plus touchés. Les trois quarts des nouveaux cas d'infection se sont déclarés chez ce groupe de la population. À l’heure actuelle, 1,6 millions de personnes vivent avec le VIH dans cette région.


Le VIH/SIDA et les enfants

Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 1,4  million d’enfants de moins de 15 ans sont séropositifs et ce nombre grimpera entre cinq et dix millions au début des années 2000. 80% de ces enfants sont africains. Depuis le début de l'épidémie, 4,3 millions d'enfants de moins de 15 ans seraient morts des suites du sida.

Les personnes qui ont le plus de risques de contracter le virus du sida sont les enfants de la rue, les mères séropositives et les jeunes filles. 

En effet, un nombre indéterminé d'enfants de la rue de tous âges seraient atteints du VIH/sida de différentes façons : industrie du sexe, sang contaminé, seringues souillées ou viol.

Environ le tiers des bébés de mères séropositives sont infectés, deviendront sidéens et mourront avant l'âge de cinq ans.

Les filles sont, quant à elles, initiées au sexe de plus en plus jeunes par des hommes, qui voient en elles des partenaires plus sûres. Et ce sans compter le tourisme sexuel et les réseaux de prostitution ne cessent de s'étendre et recrutent des enfants toujours plus jeunes dans divers pays en développement.

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N'oublions pas les orphelins du VIH-Sida...

Le VIH-Sida rendra aussi orphelins un grand nombre d'enfants. Dans la plupart des régions du monde industrialisé, la population d'enfants orphelins ne dépasse généralement pas 1%. Avant l'apparition de l'épidémie du sida, les sociétés des pays en développement absorbaient un taux à peine supérieur à 2 % d'enfants orphelins, qui étaient alors pris en charge par la famille élargie et la communauté. Mais aujourd'hui, l'Ouganda affiche le taux stupéfiant de 11 % d'orphelins dont les parents sont morts du sida, la Zambie, un taux de 9 %, le Zimbabwe de 7 % et le Malawi de 6 %. Les enfants devenus orphelins à cause du sida doivent alors assurer eux-mêmes leur subsistance. Ils sont dépendants sur le plan économique et susceptibles d'adopter un comportement à haut risque. Selon l'UNICEF, plus de 13 millions d'enfants de moins de 14 ans ou moins ont perdu au moins un de leur parents à cause du SIDA.

Et même les enfants non contaminés sont touchés...

Hélas, même les enfants qui ne sont pas contaminés sont eux aussi touchés par le virus de diverses façons, moins directes certes, mais souvent très traumatisantes. Ainsi, un grand nombre d'enfants doivent quitter l'école pour prendre soin de leurs parents malades ou de leurs frères et soeurs devenus orphelins, ou encore parce que leurs parents ne peuvent plus payer leurs frais de scolarité. La plupart ne retourneront pas à l'école, et une large part du potentiel d'une génération sera perdue. Beaucoup d'enfants devront aussi chercher à subvenir aux besoins de leurs frères et sœurs plus jeunes et, dans bien des pays, ils ne pourront même pas hériter des biens de leurs parents décédés. Toute une génération d'enfants grandira avec bien moins que ce que leurs parents avaient : non seulement leur niveau de vie sera inférieur en termes de nutrition, de soins de santé et de revenus, mais le secteur de l'éducation et des services sociaux sera lui aussi affecté, en partie du fait des pénuries de main-d'oeuvre causées par l'épidémie.

garcon_repli.gif (6347 octets) On commence à peine à étudier les séquelles émotionnelles de l'épidémie sur les enfants. Le traumatisme causé à la fois par la perte de parents, l'éclatement possible de leur famille, le rejet associé au sida et l'insécurité générale qui les entoure, laissera sans doute des marques profondes. Sans compter le stress amené par le fait de devoir grandir trop vite pour ceux et celles qui doivent prendre soin des autres membres de la famille ou se débrouiller seuls, ou encore la crainte de tomber eux-mêmes malades.

Il est urgent d'agir!


Des médicaments pour les uns, la mort pour les autres

Aux États-Unis, le coût annuel d’une multithérapie se situe entre 10 000$ et 15 000$. Les médicaments qui servent à traiter les infections opportunistes sont aussi très coûteux. Bien que le prix des médicaments ne soit pas le seul obstacle à l’accès global, il pose problème dans tous les pays en développement, et ce, peu importe leur stade de développement.

Pourquoi le prix des médicaments est aussi élevé?

Comme d’autres inventions, les médicaments sont souvent protégés par des brevets. Quand un médicament est breveté par son fabricant, les autres compagnies n’ont pas le droit d’en fabriquer ou d’en vendre des copies. Le détenteur de brevet a le monopole des ventes. L’Accord international sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (« l’Accord sur les ADPIC ») est le principal accord qui réglemente les droits de brevet au palier international.

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Tous les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce sont tenus d’observer l’Accord sur les ADPIC (bien que les pays moins développés aient jusqu’au 1 janvier 2006 pour s’y conformer). L’accord exige des États qu’ils accordent une protection de vingt ans aux brevets de nouveaux médicaments et qu’ils modifient en conséquence leurs lois domestiques sur les brevets.

Les prix des médicaments brevetés sont très élevés. Les compagnies pharmaceutiques de marque soutiennent que ces prix sont essentiels au financement de la recherche et du développement.

Est-ce une bonne raison?

Plusieurs groupes de pression affirment que

  • L’industrie pharmaceutique est l’une des plus lucratives au monde
  • Les compagnies pharmaceutiques ne révèlent pas suffisamment de données financières (particulièrement en ce qui concerne leurs dépenses en recherche et développement) pour justifier les prix élevés de leurs produits
  • Les dépenses en recherche et développement de plusieurs médicaments (y compris de nombreux médicaments anti-VIH/sida) sont financées en partie (souvent majoritairement) par des gouvernements et des organismes non gouvernementaux
  • Que les dépenses en recherche et développement sont plus que recouvrées par la vente des médicaments dans les pays industrialisés.

Par conséquent, il ne serait pas justifié de maintenir des prix élevés pour les pays en développement et que ces prix sont maintenus par les grandes compagnies pharmaceutiques que pour faire toujours plus de profit.


ZLÉA et accès aux médicaments

Actuellement, 95% des 37,8 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde vivent dans des pays en voie de développement et n'ont pas un accès à des médicaments abordable nécessaires à leur traitement. Face à cette crise, certains pays des Amériques ont été plus en mesure d'offrir du support à leur population. Par son Programme national sur le SIDA, le Brésil s'est  démarqué en offrant gratuitement des traitements antirétroviraux et en réduisant radicalement, par la même occasion, le nombre de décès liés au SIDA, en plus d'épargner au trésor public 472 millions$US en frais d'hospitalisation.

Plusieurs organisations sont toutefois particulièrement préoccupées par la menace que représente la Zone de Libre Échange des Amériques (ZLÉA) pour des projets de la sorte. La ZLÉA encourage et renforce la déposition des brevets, ce qui limite l'accès aux médicaments essentiels.

Devant cette situation inacceptable, ces organisations prônent le développement d'une stratégie mondiale, durable et efficace à long terme, afin d'assurer l'accès universel aux médicaments.

Le Sommet des Peuples des Amériques est un exemple de coalition d’organismes qui expriment leurs demandes à ce sujet. En novembre 2005 eut lieu le 3e Sommet des Peuples des Amériques, à Mar del Plata en Argentine.


Le VIH/SIDA et son impact sur les pays en voie de développement

Le VIH-Sida n'épargne aucun aspect de la vie humaine. Il ne se limite pas à l'individu mais se répercute aussi sur la famille, la collectivité, la région, le pays et la communauté internationale dans son ensemble. Le VIH-Sida voyage et fait actuellement plus de ravages dans le monde en développement, mais n'épargnera pas les pays industrialisés. Il aggrave ainsi la pauvreté existante et créé partout dans le monde de nouvelles privations et de nouveaux besoins. Au niveau régional, l'Afrique subsaharienne, où le virus s'est le plus répandu, nous offre la manifestation la plus dramatique de l'impact de ce fléau.

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Impact démographique

En faisant chuter l’espérance de vie, l’épidémie du VIH-Sida amène un accroissement de la proportion de personnes dépendantes, soit les enfants et les personnes âgées. Ils seront alors à la charge d'une population active plus jeune et moins productive, ayant moins d'expérience et d'éducation et travaillant dans une économie très réduite.

Impact sur le marché du travail

De plus, les maladies et les décès attribuables au VIH-Sida aggravent les pénuries de compétences. L’ensemble de l'économie souffre d'une hausse de l’absentéisme et d'une baisse du rendement.

Impact sur la sécurité alimentaire(capacité de nourrir l’ensemble de la population)

Dans la plupart des pays en développement, le revenu national est fortement tributaire du secteur agricole. Celui-ci est une source capitale de revenus d'exportation, crée des emplois, alimente l’industrie en matières brutes et contribue à assurer la sécurité alimentaire de l'ensemble du pays. La perte d'un adulte productif peut donc avoir un effet dévastateur sur une famille agricole

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Impact sur le système de santé

Dans un pays en développement où la majorité des soins de santé sont inaccessibles pour la majorité de la population, ce sont les organisations locales et le réseau traditionnel de la famille étendue, des amis et des voisins qui comblent partiellement les lacunes en matière de soins. Mais il y a une limite à ce que ses intervenants peuvent faire face à la progression constante du VIH.

enseignant.gif (5403 octets) Impact sur l’éducation

Les économies affaiblies sont de moins en moins en mesure de financer l'infrastructure éducative ou de maintenir le système d'enseignement sans compter le fait que les étudiants plus âgés, les éducateurs et les administrateurs tombent malades et meurent. Les enfants, et particulièrement les jeunes filles, abandonnent l'école en nombre croissant pour prendre soin de leurs parents ou pour subvenir aux besoins de leur famille.

Pour plus d’information à ce sujet, visiter le site internet de l’ACDI. 


Pourquoi l'accès aux médicaments anti-VIH/sida est si difficile dans les pays en développement?

On estime que chaque année, plus de 14 millions de personnes meurent de maladies transmissibles comme le sida, la tuberculose et la malaria. 97% d'entre elles habiteraient des pays en développement.

La grande majorité des personnes vivant avec le VIH/sida dans des pays en développement n’ont malheureusement pas accès aux médicaments qui leur permettraient de survivre en traitant l’infection à VIH/sida et les infections opportunistes qui l’accompagnent.

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1. Le prix élèvé des médicaments

Le premier obstacle à l’accès aux médicaments sont leurs prix élevés qui les rendent inabordables pour l’immense majorité des personnes vivant avec le VIH/sida dans les pays en développement. Les pays industrialisés ont, quant à eux,  vu leur taux de mortalité suite aux conséquences du SIDA chuté de plus de 70%. 

Médecins Sans Frontières estime que des 24 millions d'Africains atteints du sida, environ 2,5 millions auraient besoin de traitements anti-rétroviraux (ARV) mais moins de 1% y ont présentement accès.

2. Structures sanitaires inadéquates

En plus du problème des médicaments trop coûteux, plusieurs pays en développement ont des structures sanitaires inadéquates. À plusieurs endroits, il n’y aurait pas assez de cliniques, de lits d’hôpitaux et de laboratoires dotés d’équipement médical adéquat. De plus, on assiste à une pénurie de professionnels de la santé compétents. Finalement, les systèmes de distribution des médicaments sont souvent absents ou incomplets.

Ces problèmes d’infrastructures ont de graves conséquences pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA. On ne peut diagnostiquer adéquatement le VIH ni prescrire de traitements convenables ni offrir les meilleurs soins possibles.

Par ailleurs, pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays en voie de développement, le manque de nourriture, d’eau potable et d’électricité pour réfrigérer les médicaments peut les empêcher de bien respecter leurs régimes de médicaments.

Pour plus d'information, visitez le site suivant. 


Comment réduire le coût des médicaments dans les pays en développement ?

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Le coût élevé des médicaments est une entrave au traitement du VIH-Sida dans les pays en développement.

La Coalition Interagence sida et développement a ciblé quelques mesures à prendre pour réduire sensiblement le prix des médicaments anti-VIH/sida dans les pays en développement. Voici quelques-unes d'entre elles:

Réductions des prix et dons de médicaments

En réponse aux pressions de militants, de gouvernements et d’organismes internationaux, certaines compagnies pharmaceutiques de marque ont réduit les prix de leurs médicaments ou en ont fait don gratuitement à des pays en développement.

Par exemple, en mars 2001, la compagnie Merck a annoncé qu’elle accorderait à l’Afrique subsaharienne un escompte de 90% sur deux médicaments contre le VIH/sida. Elle a ensuite étendu son offre à la Roumanie et à des régions d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. En juin 2001, GlaxoSmithKline a annoncé qu’elle réduirait d’environ 80% les prix de trois médicaments anti-VIH/sida dans 63 pays. Toujours en juin, après avoir accordé des escomptes limitées sur le prix du fluconazole, la compagnie Pfizer a dévoilé qu’elle ferait don gratuitement de ce médicament aux patients du sida dans les pays les moins développés.

Bien que les réductions de prix soient bienvenues, une telle approche comporte certaines limites :

  • Il faut beaucoup de temps pour convaincre les compagnies pharmaceutiques de réduire les prix de leurs produits. Les négociations sont très ardues.
  • Les réductions de prix s’accompagnent habituellement de conditions. Elles ne s’appliquent parfois qu’aux médicaments vendus dans le secteur public, ou à certains pays en développement, ou encore à certaines indications thérapeutiques. Il arrive aussi qu’elles soient d’une durée limitée.
  • Généralement, les prix réduits demeurent trop coûteux pour la plupart des gens des pays en développement.

Souvent, les dons de médicaments s’accompagnent aussi de conditions. D’aucuns se demandent d’ailleurs si les réductions de prix et les dons de médicaments sont des solutions viables et s’ils constituent la meilleure approche. Les escomptes peuvent être éliminées ou réduites, après leur entrée en vigueur, et les dons de médicaments peuvent être abandonnés. Les systèmes de santé des pays en développement ont besoin d’une source fiable de médicaments essentiels abordables et ils ne devraient pas avoir à dépendre du bon vouloir des compagnies pharmaceutiques. Le développement de la capacité de fabriquer des versions génériques de médicaments brevetés et d’importer des médicaments à plus bas prix pourrait être une meilleure solution.

1. Inciter les gouvernements et le secteur privé à payer
Les gouvernements de certains pays en développement ont les moyens de payer des médicaments contre le VIH/SIDA.

Par exemple, en plus de permettre une réduction importante des prix par la fabrication de médicaments génériques, le Brésil paie plusieurs antirétroviraux et médicaments contre les infections opportunistes, pour plus de 90 000 personnes vivant avec le VIH/SIDA au pays. Depuis, le nombre de décès liés au sida y a chuté de 50%.

2. Accorder des "licences obligatoires"
Les gouvernements pourraient accorder des licences à des compagnies, pour la fabrication de copies génériques d’un médicament breveté (sans l’approbation du détenteur du brevet). Ce sont des « licences obligatoires », d'ailleurs permises par l’Accord sur les ADPIC (aspects des droits de propriété intellectuelle relatifs au commerce) dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le fabricant du médicament générique doit cependant dédommager adéquatement le détenteur du brevet, en lui versant par exemple des redevances sur la vente du médicament. Il s’agit d’un moyen légal de briser le monopole d’un détenteur de brevet.

Le Brésil, la Thaïlande et l’Inde sont trois pays qui ont autorisé la fabrication générique de médicaments pour combattre le VIH/SIDA et qui sont ainsi arrivés à une baisse significative des prix. Une dose quotidienne d’AZT coûte 10,00$ aux États-Unis, mais seulement 1,08$ au Brésil. Une dose quotidienne de fluconazole - médicament qui sert à traiter certaines infections opportunistes - coûte 12,20$ chez les États-Uniens, alors qu’elle se vend pour aussi peu que 0,29$ en Thaïlande et 0,64$ en Inde.

Malheureusement, l’Accord sur les ADPIC ne semble autoriser les licences obligatoires que si les médicaments sont fabriqués en vue d’un usage essentiellement local (domestique). Cela pourrait empêcher une compagnie ayant obtenu une licence obligatoire d’exporter ses produits dans d’autres pays qui n’auraient pas la capacité de fabriquer leurs propres médicaments génériques.

3. Accorder des "Licences volontaires"
Une compagnie pharmaceutique pourrait accorder une licence volontaire à un fabricant local pour la production d’une version générique d’un médicament dont elle détient brevet. En échange, le fabricant local lui verserait des redevances. Ce serait une mesure semblable aux licences obligatoires, sauf que les compagnies pharmaceutiques de marque accorderaient elles-mêmes les licences.

4. Effectuer un transfert de technologie
Cela implique que les droits de brevet de certains médicaments développés à l’aide de fonds publics soient cédés directement à des pays (ou à une instance comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS)) plutôt qu’à des compagnies pharmaceutiques. On le fait déjà pour des vaccins contre certaines maladies graves. Puisque les brevets sont détenus par l’OMS, on peut distribuer les vaccins au prix coûtant dans les pays en développement. Pour les médicaments anti-VIH/SIDA, ce n’est encore qu’une idée dont on discute, à l’heure actuelle.

Pour des pistes d'action, vous pouvez consulter le site suivant.


Pretoria, une victoire pour l'accès aux médicaments

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La "guerre au sida" a véritablement commencé en Afrique du Sud. À Durban, lors de la conférence mondiale sur le sida de juin 2000, des africains vivant avec le sida dénoncèrent l'apartheid sanitaire dont ils étaient victimes. En effet, les coûts élevés des médicaments les rendaient inaccessibles aux malades. Pourtant, 85% des victimes du sida vivent dans les pays du Sud tandis que les médicaments sont disponibles dans les pays du Nord. Ces gens réclamèrent donc avec force une plus grande accessibilité aux traitements antiviraux afin de limiter la propagation du VIH dans l’organisme.

Ainsi, le 5 mars 2001 s'ouvrait alors à Prétoria, un procès intenté par trente neuf firmes pharmaceutiques contre le gouvernement sud africain, coupable à leurs yeux de violer les droits sur les brevets, soit l'accord sur les Adpic (aspects des droits de propriété intellectuelle relatifs au commerce) dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Il est bon de mentionner ici qu'historiquement, pour des raisons de santé publique, l'Afrique du Sud avait adopté en 1997 une loi favorisant le recours à des médicaments génériques (fabriqués à de moindres coûts) et aux importations parallèles (acheter des médicaments brevetés dans des pays où ils sont vendus moins cher ).

Le 19 avril 2001, sous la pression de l'opinion publique, les laboratoires retirent leur plainte et proposent des négociations avec les autorités sud africaines. Leurs arguments juridiques, sans doute le savaient-ils dès le début, ne tenaient pas, mais ils voulaient faire de ce procès un exemple. Les laboratoires ont donc reconnu que les lois sud-africaines incriminées, qui visaient à utiliser les clauses de sauvegarde des accords mondiaux sur les droits de propriété intellectuelle, étaient conformes au cadre de ces accords.

Cette victoire contribua à desserrer l'étau qui interdisait aux laboratoires sud-africains, indiens, thaïlandais, brésiliens, et autres de produire des molécules génériques à bas prix. Cependant, cette victoire n’est guère suffisante pour venir à bout de la pandémie du Sida.

En effet, selon M. Kofi Annan, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, « si le monde veut réaliser l'un des Objectifs de développement du Millénaire (ODM) consistant à stopper et commencer à inverser la courbe de progression du sida d'ici à 2015, nous devons faire beaucoup, beaucoup plus ».

Des initiatives sont mises sur pied un peu partout dans le monde pour mettre un frein à la pandémie. L'Organisation Mondiale de la Santé, par exemple, a conclu un accord avec la FDA (Food and Drug Administration), une agence américaine de régulation pharmaceutique, dans le but de rendre les médicaments antirétroviraux plus accessibles dans les pays du Sud.

 

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Pour approfondir ce thème, nous vous invitons à lire les nombreux articles sur cette question dans le Monde Diplomatique.


Actions pour lutter contre le SIDA

Si vous désirez participer d'une façon ou d'une autre à la Journée mondiale du SIDA et lutter contre l'épidémie du SIDA, rien de plus simple!

  1. Le 1er décembre, vous pouvez porter le Ruban Rouge:

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Le ruban rouge est le symbole international de la solidarité face à la lutte contre le VIH et le SIDA.

Le ruban rouge, porté par un nombre grandissant de personnes dans le monde entier, démontre le désir d'aider et de comprendre les personnes qui sont affectées par le VIH/SIDA : ceux qui sont malades, ceux qui sont morts ainsi que tous ceux qui sont directement touchés par ce fléau.

    • Le ruban rouge se veut un symbole d'espoir.
    • La couleur rouge, c'est pour le sang.
    • Sa forme représente l'infini qui est coupé.
    • Le ruban se porte comme un "V" inversé jusqu'au jour où un remède sera découvert alors le "V" signifiera victoire.

Pourquoi le Ruban rouge?

C'est en 1991, que Franck Moore, un peintre qui vit et travaille à New York, a eu l'idée de créer un symbole de compassion et de solidarité pour la cause du SIDA. Durant la guerre du golfe, il fut surpris de voir autant de gens porter un ruban jaune, en signe d'espoir de revoir vivants les soldats Américains en mission là-bas. Moore pensa alors à produire des rubans rouges, à la fois pour qu'on se souvienne des 130 000 personnes déjà décédées du SIDA et comme symbole d'entraide et de solidarité dans la lutte contre le SIDA.

Il n'y a pas de ruban rouge officiel. Vous pouvez donc vous en fabriquer un vous-même. L'important, c'est la solidarité.

 2. En vous protégeant

On peut prévenir la transmission du VIH en adoptant des pratiques sexuelles sécuritaires et en évitant de partager aiguilles et matériel d’injection.

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 3. En étant solidaires

Si quelqu’un dans votre entourage vit avec cette maladie, vous l’aiderez grandement en surmontant vos préjugés et en faisant preuve de compassion.

 4. En devenant bénévole

Il existe plusieurs organismes communautaires oeuvrant auprès des personnes atteintes du VIH ou faisant de la sensibilisation auprès du public. En portant un coup de main, vous contribuerez ainsi à maintenir la qualité des services des personnes vivant avec le VIH-SIDA.

 5. En faisant un don

Vous aidez directement les personnes vivant avec le VIH-SIDA de votre région.

 Avec 15 000 nouveaux cas de VIH par jour, le temps presse !

Page actualisée en 2010