LE RÉSEAU IN-TERRE-ACTIF

Un outil d'éducation et d'engagement pour de jeunes citoyens solidaires

Activité : Histoire sans fin sur l'eau

primaire  3e cycle   secondaire 1e cycle  

Le Réseau In-Terre-Actif vous propose l’activité appelée l’Histoire sans fin. Il s’agit d’une activité d’écriture sous forme d’histoires à relais:  vous donnez suite à ces histoires dont nous avons rédigé les premières lignes. Le tout peut être agrémenté de dessins, de caricatures ou de photos. Cela peut aussi prendre la forme d’une bande dessinée : il n’y a pas de limite !

Il y a deux types de participation : le relais interne et le relais externe:

Dans le cas du relais interne, l’histoire peut être rédigée et relayée entre plusieurs classes de la même école ou dans une même classe.

Dans le cas du relais externe, votre classe rédige une suite à l’histoire initiale. Nous étudierons la possibilité d’envoyer la suite à une autre école pour qu’elle la poursuive.  Vous pouvez également réaliser l'histoire à relais dans le cadre d'une activité de correspondance avec une école à l'étranger!

Histoire sans fin sur l'eau (Trouve le titre !)

 

C’était l’été. Assise sur sa galerie, Sonia regardait le ciel sombre, sans étoiles, espérant qu’il ne pleuve pas le lendemain. Ses amis et elle avaient prévu aller passer la journée au Parc de la Mauricie. Toute une journée au bord d’un lac à se faire bronzer et à jouer dans l’eau, quel plaisir!

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là sur une terre étrangère, Joseph bavardait avec Konaté, son meilleur ami, et Binta, sa sœur. Fofana, le père de Binta et Konaté, fumait la pipe en se reposant dans sa chaise longue. Le ciel était d’un bleu éclatant. Le temps était sec et aride. Tous se demandaient quand il allait enfin pleuvoir. « La saison des pluies est déjà bien avancée et il n’a que très peu plu. La terre est vraiment trop sèche… » pensait Fofana.

Les jeunes, quant à eux, discutaient. En fin d’après-midi, en revenant de l’école située à quelques kilomètres, ils s’étaient arrêtés au bord de la rivière. Les garçons voulaient vérifier le niveau de l’eau, en prévision de l’arrivée des vacances et des parties de pêche qu’ils y prévoyaient. Malheureusement, le niveau était tellement bas que les poissons semblaient s’être réfugiés ailleurs. Même les grenouilles étaient disparues sous l’effet de la chaleur. Tout cela avait des allures de saison sèche. Au bord de la rivière, une dame, portant son bébé sur son dos, lavait des vêtements. Une autre femme, qui remplissait un seau d’eau, discutait avec son amie tout en mettant son seau sur sa tête avant de reprendre le chemin de la maison.

- « Pourquoi es-tu arrivée en retard à l’école ce matin? C’était la dernière journée », demanda Joseph à Binta.

Elle le regarda d’un air furieux.

- « Tu sais très bien que nous, les filles, on doit aller chercher de l’eau avec nos mères en commençant la journée! » répondit-elle.

- « Moi aussi, j’y allais quand j’étais petit », répliqua Joseph.

- « Oui, mais maintenant que tu es un MONSIEUR, depuis combien de temps n’y es-tu pas allé? » demanda Binta, de mauvaise humeur.

- « Moi, je n’y suis jamais allé », dit Konaté.

- « En tout cas, moi, quand je serai grande, même si j’ai plusieurs filles, mes garçons iront puiser de l’eau quand même, dit Binta. Et toi, continua-t-elle en se tournant vers Joseph, ne me pose plus de questions idiotes! ».

- « D’accord, d’accord » dit Joseph, qui voulait changer de sujet. Il aimait bien Binta, mais quand elle s’y mettait, elle avait un sacré caractère.

- « De toute façon, si la pluie ne tombe pas, répliqua Konaté, il n’y aura plus d’eau du tout. Même les adultes sont inquiets ». À l’école ce matin, le maître leur avait parlé du cycle de l’eau.

Fofana leva le sourcil. Sa fille, Binta était vraiment une tête forte. « En tout cas, pensa-t-il avec un sourire, on ne lui marchera pas sur les pieds à celle-là ».

Les femmes ont raison d’être inquiètes et furieuses, pensa-t-il. Si le puits s’assèche, ce sera la catastrophe. Il faut s’en occuper rapidement.

- « Il est temps d’aller vous coucher, cria-t-il aux enfants. Demain, vous nous accompagnerez aux champs ».

Les enfants obéirent en marmonnant. « On ne peut jamais se reposer ici », grommela Konaté. L’idée de travailler au champ ne lui plaisait pas du tout…

- « Au revoir,  » salua Joseph.

- « Que Dieu te garde, mon garçon. Salue tes parents pour moi » répondit Fofana.

Amina, sa femme, l’avait rejoint. Il faisait moins chaud, tout était calme et on entendait les grillons chanter. Chacun réfléchissait tout en savourant la tranquillité de la nuit.

- « Avec le puits qui s’assèche et cette pluie qui ne tombe pas, les problèmes vont recommencer » dit Fofana en se tournant vers sa femme.

- « Ils ont déjà recommencé, répondit-elle. Il faut faire venir les puisatiers, et si vous, les hommes, ne le faites pas, on s’en occupera nous-mêmes! Ce n’est quand même pas compliqué. Au moins que l’on arrive à savoir si, oui ou non, il reste de l’eau dans ce puits ».

Amina avait raison d’être impatiente. Depuis un mois, certaines femmes devaient aller chercher l’eau à la rivière car le puits était à sec. La rivière était loin du village et presque desséchée, elle aussi… De plus, le bébé de sa cousine Kouakou était à l’hôpital à Dakar. Il était tombé très malade après avoir bu de l’eau impropre…

- « Et pendant ce temps, en ville, les gens se plaignent que l’eau devient coûteuse… J’aimerais bien comprendre le fond des choses, se dit Fofana en pliant sa chaise pour la ranger. Le fils de mon ami Samba, qui habite en ville, vient nous rendre visite samedi. Il travaille au ministère de la Santé, il pourra m’expliquer. »

Le lendemain, à l’autre bout de la planète, Sonia s’est levé de bonne humeur. Il n’avait pas plu durant la nuit : ses amis et elle allaient finalement pouvoir mettre leur projet à exécution! À la télévision, on annonçait qu’aux quatre coins du Québec, les villes surveillaient le niveau des rivières à cause des risques d’inondations. Au même moment, le journaliste annonça qu’un glissement de terrain avait fait plusieurs dizaines de morts en Amérique latine à cause des pluies diluviennes, puis il aborda le sujet des manifestations qui avaient lieu dans différentes villes du monde contre la privatisation de l’eau.

- « Privatiser l’eau, ça n’a vraiment aucun sens, se dit Sonia en terminant de manger ses céréales, je me demande vraiment pourquoi de telles mesures sont prises. Qui est réellement avantagé lorsque l’eau est privatisée? J’irai faire des recherches sur Internet ».

De leur côté, la nuit de Fofana et des enfants avait été plutôt courte. Le village s’était fait réveiller par le tonnerre et la pluie. ENFIN! Ce matin, tout le monde était à l’ouvrage dans les champs. Il fallait profiter de cette manne tombée du ciel et labourer avant que la terre ne redevienne sèche. À la radio, on annonçait également le glissement de terrain en Amérique latine, les risques d’inondations au Canada et les manifestations mondiales contre la privatisation de l’eau.

- « Il y en a qui meurent parce qu’il n’y a pas assez d’eau et d’autres qui meurent parce qu’il y en a trop. Si seulement on pouvait échanger un peu de notre sécheresse contre une partie de leurs pluies » se dit Fofana.

En sortant de chez lui, il rencontra Samba et ils prirent ensemble le chemin des champs, les enfants étant déjà arrivés sur place.

- « Bonjour grand frère, as-tu bien dormi? ».

- « Oui, Dieu merci. J’ai réfléchi hier, continua Fofana, et je crois qu’il faudrait organiser une réunion afin de voir de quelle façon il serait possible de conserver l’eau dans les champs plus longtemps. Nous pourrions peut-être creuser des canaux d’irrigation, comme ils l’ont fait dans le village d’où vient ma femme ».

- « Oui, approuva Samba, et aussi faire venir les puisatiers pour qu’ils étudient le puits et qu’ils le creusent plus profondément… Au moins, cela nous permettrait d’avoir accès à de l’eau potable et d’éviter que d’autres personnes tombent malades ».

Maintenant : à toi de continuer l’histoire! Quels résultats donneront les recherches de Sonia? Quelles actions entreprendra-t-elle en lien avec la privatisation de l’eau? Qu’arrivera-t-il avec le puits du village? La pluie sera-t-elle au rendez-vous? Sonia, Joseph, Konaté et Binta se rencontreront-ils un jour? Sois créatif et invente la fin de l’histoire!


Petit lexique

  • Saison des pluies : saison, qui dans cette région, s’étend de mai à septembre. C’est la saison des cultures, car il pleut tout le temps.
  • Saison sèche : saison qui s’étend d’octobre à avril où il fait très chaud.
  • La perspective du champ : l’idée de travailler au champ.
  • Bâ : mot qui signifie père. On le prononce Baaa
  • Puisatier :homme chargé de creuser les puits ; de les réparer et de les nettoyer.

    Afin de rendre votre histoire réaliste et d’approfondir vos connaissances sur l'eau, nous vous suggérons de consulter la section de notre site web qui est consacrée à ce sujet !

  • Page actualisée en 2010